Los Escritos de Maria Valtorta

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50. Le 8 septembre 1945

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50. Capítulo 50

ES Traducción en camino

1945-09-08

Jour de fête… jour de souvenirs… et jour de comparaisons. Un jour, donc, qui pourrait me faire souffrir. Depuis hier, Jésus anesthésie ma souffrance par son amour sensible. Hier, pour m’empêcher de penser à mes affaires humaines et douloureuses, il est venu auprès de moi et m’a servi de maître jusque dans les matières profanes.

Je m’explique. Il y a quelques jours, je parlais avec un jeune homme que j’ai comme locataire44; il va bientôt entrer à la faculté de lettres et philosophie mais traverse une période troublée due à l’opposition entre sa vie de Jeune Catholique d’hier et… son inclination actuelle à entrer dans les Jeunesses Communistes. Cette inclination est due à la fois à l’influence de ses compagnons et à son dégoût devant les manquements du clergé qui se sont révélés brutalement à notre époque d’évacuations, d’actes vils et d’égoïsme. Alors que nous discutions lettres et philosophie, il me demanda si j’appréciais Socrate.

L’apprécier? C’est certain. Personnellement, il m’a toujours plu, mais depuis que Jésus m’instruit, il me plaît encore davan­tage, parce que je le comprends mieux. Mais je possède seulement Eutyphros et l’Apologie. Et quand j’étais encore… à demi bêta, ils m’ont servi à ne pas m’avilir. Ne pas s’avilir, c’est déjà se préparer à s’élever.

Le jeune homme m’a apporté le Phédon. Je dispose de peu de temps et je n’ai pas très envie de lire des bagatelles ou des choses sérieuses. Mais si je ne gaspille pas le peu que j’ai en bagatelles, j’en trouve toujours un peu pour le consacrer à des lectures sérieuses, aussi pour me changer les idées de mon travail habituel. En effet – cela peut paraître étrange, mais c’est comme ça –, alors que je dé­sire ce travail de tout mon être, j’éprouve de temps en temps le besoin d’envoyer mon esprit musarder vers d’autres pensées qui ne soient pas surnaturelles, comme pour reposer la partie qui n’est pas spirituelle, ou plutôt les parties matérielles et morales. J’ai donc pris le Phédon en pensant: «Si Jésus me permet de l’avoir, c’est signe que j’en retirerai du bien.» J’ai toujours agi de cette façon! Il m’a mis en main des livres ou au contact de personnes dont j’ai tiré profit pour moi-même ou pour d’autres.

J’ai commencé à lire. Mais ce n’était pas Maria Valtorta qui lisait le Phédon comme c’était elle, autrefois, qui lisait Eutyphros. C’était cette fois le porte-parole. Par ce phénomène, qui survient quand Jésus le veut, les mots s’éclairent d’une lumière surnaturelle et s’enrichissent de références surnaturelles. Vous vous rappelez quand je lisais ce livre d’Ubaldi45: comme Dieu le voulait, j’y trouvais des pensées profondément chrétiennes. Vous souriez de ma… faculté de voir, de sentir, de goûter, de comprendre Dieu seul jusque dans les œuvres d’un démon. Mais je me l’explique très bien. La raison en est que Jésus m’a mis des… lentilles spéciales, miraculeuses, qui effacent les paroles mauvaises et les changent en bonnes paroles. Je pense à l’Evangile: «Vous foulerez au pied serpents et scorpions (…) et rien ne pourra vous nuire…» Dieu est bon!

Mais, pour en revenir au Phédon, je lisais et sentais du surnaturel là aussi, mais je ne savais pas l’apprécier dans toute sa vérité. Jésus est venu auprès de moi, à droite de mon lit, vers le chevet; il me tournait légèrement le dos, la main gauche sur mon épaule gauche, et de la main droite il m’indiquait les lignes qu’il m’expliquait. Il m’a donné une leçon si belle, si belle que j’en étais en extase. J’étais tout heureuse de me sentir serrée contre lui jusqu’à sentir la chaleur de son corps, et j’étais contente d’entendre son commentaire. J’en donnerais une copie bien embrouillée si je voulais la répéter. Mais la lumière est restée en moi.

Je me souviens seulement de cette phrase que je vous ai dite sur la réminiscence: «J’ai parlé de cela dans l’Enfance de Marie. Les âmes se souviennent parce qu’elles viennent de la Lumière et, comme la foudre moléculaire agglomère les éléments épars dans l’atmosphère et les emporte avec elle, de même elles emportent des particules de l’Intelligence éternelle. Et plus l’âme est limpide par la grâce et active par la volonté, plus elle se souvient. Non pas comme le philosophe grec le dit, – car il ne possède qu’une révélation partielle d’une religion à peine entrevue et ne peut donc con­naître la Vérité tout entière –, mais comme, moi, je le dis. Ce n’est pas parce qu’elle revit que l’âme se souvient, mais parce qu’elle vient de l’endroit où tout est connu.» Il a également parlé du retour à la vie, mais je ne m’en souviens pas bien. Je sais qu’il a dit que Socrate a suivi cette pensée en ligne droite aussi loin qu’il l’a pu, mais ensuite, comme la connaissance de la Vérité divine lui faisait défaut, il a abandonné cette ligne droite et s’est replié vers le bas au lieu de continuer à s’élever. Il a dit: «On vit une seconde fois, oui, mais plus sur terre. Par l’esprit, en d’autres royaumes.» Mais j’ai perdu le reste.

J’aimerais qu’il me dicte ses explications parce que, plus tard, je n’aurai plus le livre et… adieu à tout! Mais j’aime encore da­van­tage l’avoir pour maître d’école… dans toutes les disciplines. C’est un maître lucide et patient. Toutefois, l’élève est une oie, et lorsqu’il referme le livre je ne sais plus rien répéter… Je reste dans la joie… et les méchancetés du monde n’existent plus…

Hier soir, je souriais les yeux clos, si heureuse que Marta croyait que j’étais tombée dans un sommeil extatique. Non, j’étais bien éveillée, mais j’entendais des paroles capables de me porter à l’extase; et pour voir, je n’avais pas besoin d’yeux… je reste avec mon doux Jésus auprès de moi… heureuse… Son cadeau, sa miséricorde pour sa Maria en ce jour de la Nativité de Marie.

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Notes