Je me plains tout bas au Seigneur: alors que, comme d’habitude, j’ouvre au hasard l’Évangile ou la Bible, il me fait tomber, encore ce matin, sur un passage très triste (Jérémie, chap. 9).
J’aurais tellement besoin d’un mot d’espoir pour ma pauvre patrie!... Je reconnais que nous sommes coupables des fautes dont on nous accuse et pour lesquelles nous sommes punis. Mais l’amour de la patrie me fait souffrir pour les épreuves dont Dieu nous afflige.
Jésus me laisse gémir, puis il attire mon attentention sur les versets 23-24, et sur la dernière phrase du verset 25. Je comprends qu’il va m’instruire sur cela... et j’attends.
Jésus dit:
“La prière est une bonne et sainte chose, et c’est une bonne chose aussi de méditer et d’étudier la sagesse. Mais rien n’est plus utile à l’être humain que cette connaissance: le fait d’être convaincu de Dieu.
Quand on a vraiment compris qui est le Seigneur, on ne se trompe plus, on sait prier, non pas d’un mouvement machinal des lèvres dont s’échappent des résolutions sérieuses de bonté, de pardon, de continence, d’humilité, mais avec une véritable adhésion à Dieu, avec le ferme propos de pratiquer toujours mieux la Loi pour être béni de Dieu.
Quand on a compris qui est le Seigneur, on possède pour toujours le savoir, la richesse, la force qui donnent la vraie gloire, laquelle ne meurt jamais et plaît à Dieu.
Ces temps-ci, vous faites sans cesse des prières. Mais elles ne servent pas autant qu’elles le devraient. Ne pensez pas que votre Dieu ait changé sa Nature d’infinie bonté et de parfaite paternité. C’est que vous lui présentez des prières contaminées par trop de choses.
Dépouillez-vous du triple habit qui opprime votre esprit et le contamine. Rejetez l’hypocrisie, la haine, la luxure. Il y aurait d’autres choses à enlever, mais celles-ci sont les plus abjectes à mes yeux. Et vous êtes des hypocrites lorsque vous venez à moi par des cérémonies religieuses que vous accomplissez avec un sentiment humain et non surnaturel.
Mais qui croyez-vous tromper? Moi? Ô malheureux! Vous pouvez vous tromper les uns les autres, empruntant un visage religieux, portant même un masque qui cache votre vrai visage irréligieux, car religion signifie obéissance aux souhaits et aux vouloirs de Dieu, alors que vous lui désobéissez dans les grandes choses comme dans les petites. Vous pourrez vous tromper entre vous, mais vous ne tromperez pas votre Dieu.
Que dirais-tu, Maria, et que ferais-tu si quelqu’un t’offrait un bouquet de fleurs [flétries] ou une assiette de fruits sales ou véreux? Tu dirais qu’on aurait mieux fait de ne pas te les offrir parce qu’ils te répugnent et t’offensent. Voilà: je dis la même chose de la majorité de vos prières.
Vous haïssez. C’est certain. Vous haïssez. Et votre esprit est si lourd que vous ne vous rendez même pas compte d’être pleins de hargne et d’égoïsme envers tous. Mais que vous ai-je dit? ‘Si au moment de prier, tu te souviens d’avoir offensé ton frère ou que lui a quelque chose contre toi dans son cœur, réconcilie-toi d’abord avec lui et puis viens’. La condition essentielle pour être écoutés est de ne pas avoir dans le cœur la haine qui tue l’amour. Comment pouvez-vous venir à moi qui suis miséricorde, quand vous n’êtes pas miséricordieux? Comment pouvez-vous juger et penser que moi, qui suis justice, je ne vous juge pas? Ne voyez-vous pas que, en condamnant à la haine ceux qui vous nuisent – et peut-être que vous fûtes les premiers [à nuire] et non eux –, vous vous condamnez vous-mêmes?
Vous êtes luxurieux. Que de luxure, de la chair, de l’esprit, du cœur, déferle sur le monde, jaillissant de vous comme des multiples bouches d’une fontaine qui a sa source dans les profondeurs où règne l’Ennemi! C’est un déluge, voulu par Satan et non par Dieu, et auquel vous vous êtes prêtés, un déluge qui se répand sur la terre et en chasse la Lumière, la Vérité, la Vie. Et la Lumière-Vérité-Vie, telle une colombe qui n’aime pas la fange putride, se retire dans les cieux, en descend rapidement pour arrêter son vol sur les rares créatures lesquelles, comme les cimes des monts, émergent au-dessus de la vase qui vous déshonore.
Les hommes eux-mêmes ont empêché mon Fils bien-aimé de demeurer parmi les hommes. Écoutez-le, vous qui savez encore le faire, vous qui résistez à la vague corruptrice par amour pour nous. Le salut est en lui, car il est l’éternel Rédempteur, et les mérites infinis de son infinie douleur opèrent éternellement. Mais vous les rendez stériles par la corrosion du mal satanique dont vous êtes remplis. Plus encore que son Sang sur les Hébreux, la façon dont vous détruisez en vous les effets de son Sang par le péché – que vous aimez comme votre vie d’une heure – vous condamne et vous rend dignes de mon châtiment.
Vous êtes des cœurs incirconcis. Vous ne savez, vous ne voulez pas passer l’anneau de triple pénitence à votre cœur que vous avez enlevé à Dieu et donné à l’Ennemi de Dieu et du genre humain. Voici ce qu’il faut pour que j’intervienne: vous repentir et faire pénitence. Sans ces deux choses, chacune de vos prières, chacun de vos actes religieux est un mensonge et une offense que vous faites à Dieu.
Et si l’Esprit d’Amour ne peut plus opérer en vous les prodiges de l’amour parce que vos actions neutralisent son action, et si le Verbe du Père ne peut plus opérer les miracles de son Sang et de sa Parole parce qu’il y a en vous des forces contraires, le Père, le Seigneur Dieu, peut toujours brandir le fouet de la punition et défendre en lui les trois divines Personnes, trop, beaucoup trop offensées par l’humanité.”