Jésus dit:
«Trois cris: un seul cri. Trois époques: une seule époque. Trois voix: deux sujettes, une suprême. Ces trois “trois” pour te dire une parole de joie réconfortante.
Mon prophète dit, en parlant de celui qui est source de vie éternelle, eau qui jaillit pour donner la Vie à celui qui en boit, une vie inépuisable qui abolit la Mort, une eau qui enlève la soif de ce qui est mal, comble tout désir et apaise toute recherche puisque celui qui me possède, possède tout: “Ah! Vous tous qui avez soif, venez vers l’eau, même si vous n’avez pas d’argent, venez, achetez et mangez; venez, achetez sans argent, sans payer, du vin et du lait… Ecoutez, écoutez-moi… vous vous délecterez de mets succulents… Ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu…” (Isaïe 55, 1.2.11).
Quant à moi, je dis: “Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi!… De son sein couleront des fleuves d’eau vive.”
Et Jean dit dans l’Apocalypse: “Que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement.”
Ce sont là trois cris, trois époques, trois voix. Je me situe au centre, moi, le Verbe et la Vérité, Jésus le Christ, moi, le Seigneur Fils du Seigneur, le Sauveur, le Pontife et le Roi; au centre, c’est-à-dire entre la voix des temps prophétiques – cette voix qui répète les messages qui lui sont venus du sein de Dieu –, et la voix qui se fait l’écho de la Parole éternelle faite homme, cette voix qui proclame sa vérité au milieu de ces pierres sourdes qu’était – plus que le Temple – le sanhédrin du Temple. Comme l’axe transversal de la croix portait tout le poids du Rédempteur, moi, la Parole éternelle, je porte tout le trésor des paroles de vérité des prophètes. Jean, lui aussi, est prophète, celui des derniers temps, alors qu’Isaïe l’était de mon temps à moi. Mais Jean est toujours prophète parce qu’il voit et annonce l’avenir. Or la Vérité, qui soutient les vérités des prophètes, n’aurait pas laissé sortir de leur bouche, pleine de l’impétuosité de Dieu, des paroles erronées – volontairement ou non –; il n’aurait pas avalisé par son soutien le moindre subterfuge ou orgueil qui aurait suggéré des paroles fausses pour paraître plus grand aux yeux des simples et aux petits.
Tu connais la condition première pour être et rester “voix”: humilité, sincérité, obéissance absolues. S’il manque ces trois vertus, le don cesse, la mission se termine. Je te le dis parce que tu es fidèle, parce que tu es humble, parce que tu es sincère, parce que tu es obéissante. Je t’aime parce que tu es tout cela, et les fumées de l’honneur, le vin du don reçu ne n’ont pas aveuglée ni enivrée, n’ont pas fait de toi un “satan”. Celui que le don de Dieu rend orgueilleux, menteur ou désobéissant devient un Satan.
Tous pourraient bien te mentir, mais pas moi. Et je te le dis: “Ces trois voix – qui sont, si l’on sait bien voir et la reconnaître – mon unique Voix qui parle aux temps anciens comme aux temps nouveaux, te parlent aujourd’hui pour te donner la joie.”
“Même si vous n’avez pas d’argent, venez, et achetez; venez et nourrissez-vous de vin et de lait. Venez vers l’eau.”
L’argent, dans ton cas, appartient à “ceux qui savent”, les rabbins, ceux qui croient tout pouvoir acheter parce qu’ils savent, parce qu’ils possèdent l’argent du savoir, ceux qui…160 Oh! Race éternelle des scribes et des pharisiens qui posez des verrous aux portes des jardins du Roi, là où il se donne en effusion d’amour à ses bien-aimés, aux “petits” qui y entrent en toute simplicité et amour, vous qui voudriez qu’ils n’y entrent pas – à votre exemple, puisque vous vous arrêtez hors de l’enceinte à en compter les pierres et analyser la poussière –, quand prendras-tu fin et accepteras-tu l’idée que le Seigneur est libre de choisir et qu’il peut transformer des membres très faibles en géants, des vases vides et misérables en vases comblés de ce qui fait la véritable richesse et sainteté: la Sagesse?
J’ai bien dit: l’argent appartient à ceux qui s’imaginent tout pouvoir acheter sous prétexte qu’ils possèdent l’argent du savoir, ceux qui voudraient avoir le monopole de leurs connaissances, mais confondent science et sagesse et prennent la servante pour la reine. Car, en verité la science est la servante, et la sagesse la reine de la servante. Ils voudraient empêcher les petits de se revêtir des trésors, de se nourrir du miel, du lait, du vin et du beurre, de se désaltérer aux eaux qui procurent la Vie, cette Vie qui est Salut, Sagesse, joie et paix.
Tu ne possèdes pas cet argent. Tu es pauvre. Même aujourd’hui que je t’ai couverte de mes trésors, tu es pauvre. Si en effet je te les retirais de l’intelligence, tu n’aurais plus rien. Par toi-même, tu es pauvre. Mais tu m’as, moi. Je te dis: “Viens. Bois. Achète. Mange. Réjouis-toi de mets choisis.” Et encore: “Ma parole ne restera pas en toi sans effet.”
Quand une semence donne-t-elle du fruit? Quand elle cesse d’être semence et devient une plante, n’est-ce pas? Eh bien voilà, il se passe la même chose en toi. La Parole s’adresse à toi puis se tait, et tu restes comme vide. Tu as l’impression d’être vide, muette, sotte, il te semble qu’il ne te reste plus rien de ce qui t’a été donné. Non. Tu es comblée. Tu es une forêt aussi belle que le Jardin des premiers jours. Toutes les plantes délicieuses, tous les fruits et les arômes, toutes les fleurs et les couleurs sont en toi. Ce sont les semences de mes paroles, que tu crois perdues parce que tu ne sais plus les répéter toute seule, mais qui ne te sont jamais aussi présentes que lorsque, de semences, elles se sont transformées en plantes. Tu fleuris sans t’en apercevoir. Tu fructifies, mon beau pommier, ma vigne, mon champ d’épis fertile; beaucoup viennent satisfaire leur faim auprès de toi et tu me donnes à eux en leur offrant ce que je t’ai donné et qui prospère en toi.
Tu fais la joie de ton Jésus. Et lui, il vient prendre son repos dans son jardin… Il y reste avec plaisir, car “les fleuves d’eau vive” fertilisent cet endroit. Ces fleuves d’eau vive jaillissent de ton cœur. De fait, Jésus est dans ton cœur; or qui a Jésus dans son cœur a aussi l’Esprit, car là où je suis, là est l’Esprit d’amour; et il m’est doux de demeurer là où se tient l’Esprit, qui procède du Père et de moi et est notre Essence. Mais si tu ne croyais pas en moi, si donc tu n’accueillais pas et n’adorais pas sa Parole comme tu le fais, d’une foi assurée, avec une profonde charité et une grande humilité, une volonté limpide et une capacité à obéir héroïque, l’Esprit ne t’aimerait pas, il ne serait pas en toi. Et sans lui, l’esprit et l’intelligence des hommes ne sont qu’arches vides, harpes sans cordes, lampes éteintes, sources asséchées.
L’ancien prophète, le dernier prophète et Jésus entre l’ancien et le dernier, nous te disons: “Viens, bois! Tout est donné gratuitement, par amour.” C’est dans l’amour que ceux qui cherchent à s’expliquer la raison de ton destin doivent en chercher la clé. Dans l’amour. En celui de Dieu, qui est sans appel. Dans le tien pour lui, qui est admirable. C’est l’unique raison qui te vaut d’être la voix, le porte-parole, le petit Jean. Tu n’as pas d’autre monnaie d’achat. Mais l’amour est ta monnaie. L’amour paie, celui de Dieu, comme le tien pour nous. Et tout t’est donné, tout ce que t’envient ceux qui, malgré tout l’argent de leurs connaissances, ne peuvent acheter ce qui t’est donné gratuitement.»
Jésus m’a ensuite parlé de saint Ambroise. Mais je n’ai pu l’écrire, parce que des gens sont arrivés auparavant. Je me rappelle seulement qu’il disait que saint Ambroise, lui aussi, est devenu ce qu’il est devenu parce que des fleuves d’eau vive se formèrent dans son âme à partir du moment où il a aimé le Christ et cru en lui et, de soldat, le transformèrent en un grand évêque, défenseur de la foi et chantre de la virginité, “la fleur des parterres du Christ” (je me souviens parfaitement de cette phrase telle que Jésus l’a prononcée pour faire l’éloge de la virginité).
Après ces gens survint une… crise cardiaque colossale. Trois heures d’agonie, de 11 à 14 heures. Il est maintenant 17 heures, je ne saurais plus en parler. Il y a autre chose en moi. Il y a ce que mon Médecin divin m’a dit au cours de mon agonie. Mais c’est là un trésor qui m’est réservé. Je regrette la partie perdue de la leçon. Mais puisque le Seigneur ne me l’a pas répétée, je le crois content que cela ait tourné de cette manière.