Les Écrits de Maria Valtorta

7. Leçon n° 7 — Rm 2, 2-8.

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11 janvier 1948.

Rm 2, 2-8.

L’Auteur Très-Saint dit:

«Le jugement de Dieu est fondé sur la vérité, soit qu’il s’applique à un réprouvé, soit qu’il s’applique à un tiède, ou à quelqu’un qui brûle d’un amour pur jusqu’au sacrifice. Le jugement de Dieu ne sera altéré ni par le patrimoine, ni par le vêtement, ni par la condition, ni par la position sociale. Les expédients et les mises en scène, conçus pour tromper les hommes, n’auront aucune influence sur Dieu, pas plus que les hypocrisies, les actes de fausse bonté, de fausse foi, de fausse honnêteté, ou de faux amour.

Les paroles du Maître sont toujours vivantes et justes, soit qu’il dise: “Il ne suffit pas de me dire ‘Seigneur, Seigneur’pour entrer dans le Royaume des Cieux”, soit qu’il fasse leparallèle entre le pharisien et le publicain, ou encore qu’il donne l’admirable code de la Nouvelle Loi dans le discours sur la montagne (Mt 5-6-7).

Même si les temps changent, la loi ne change pas. Il n’y aura pas de changement dans la façon de juger. Dieu jugera toujours selon vérité et justice.

Le plus jugé sera celui qui est chargé de juger, ou qui s’arroge le droit de le faire. Il sera jugé davantage parce qu’on exige plus de celui qui a eu une plus grande connaissance de la Loi. Il sera jugé davantage aussi à cause de la parole qui dit: “Ne jugez pas pour ne pas être jugés”.

Soyez petits! Soyez petits, vous tous que j’aime! Si vous l’êtes, je vous apprendrai la Sagesse. Je vous l’apprendrai par mon amour. Car la Sagesse, sachez-le, s’apprend plus par amour que par instruction. Moi qui vous aime, et vous qui m’aimez, nous sommes lumière pour comprendre les paroles de la Sagesse, paroles qui demeurent obscures en tout ou en partie si elles sont privées de la lumière de l’amour et éclairées uniquement par la culture.

Voilà pourquoi l’Amour n’arrêtera jamais de crier: “C’estpar la charité que vous aurez le salut et la paix”. Celui qui ala charité ne méprise pas les richesses de la bonté, de la patience et de la tolérance divines. Celui qui a la charité aime la pénitence, s’abstient de juger ou de condamner, ne provoque aucun scandale, ne devient pas tiède, ou froid, ou sordide de corruption.

Celui qui a la charité désarme le cœur de Dieu, même s’il lui arrive d’être coupable. Dieu pardonne à celui qui l’aime, et qui pleure en son sein. Non seulement il donnera à chacun selon ses œuvres, mais puisque celles-ci sont toujours imparfaites chez les humains, Dieu tiendra compte de l’amour de cette créature, amour qui souvent est plus grand que sa capacité à faire le bien. Le désir de perfection, lui aussi sera pris en considération pour autant qu’il aura été désir actif, c’est-à-dire désir véritable, désir qui ne s’est pas réalisé à la perfection uniquement parce que la créature n’avait pas les capacités de l’accomplir.

Dieu voit. Dieu voit réellement. Il voit comme Dieu seul peut voir: avec une perfection qui ne s’arrête pas aux apparences. Et son jugement parfait a lieu après une attente patiente».

1943-05-14

Mais après le Calvaire vient toujours le Paradis. Quelle nuit de béatitude!

De 19 à 22h30, à moitié morte, abîmée dans les brumes du collapsus. De 22h à minuit, demi-sommeil. Puis, énervement dû à la suffocation. L’alarme de 1h05 me trouva dans cet état. Je commençai à prier, comme d’habitude[1], pour ceux qui étaient bombardés.

Mais, sans que je le veuille, la prière se transforma en entretien des plus doux. Je me sentais vraiment face à face avec Jésus, plus exactement contre son cœur. Il n’y a pas eu de longs discours. Non. Des phrases courtes, d’Époux à épouse, des mots d’amoureux, pour se dire qu’on s’aime de tout son cœur… J’en suis restée parfumée. J’en suis restée saturée, comme plongée dans un océan de joie, de douceur, de paix.

J’ai vu s’évanouir cette heure bienheureuse avec un saint regret… Mais il était juste qu’elle eût une fin. Ce n’est qu’au Paradis qu’elle ne finira point. Maintenant, je vis dans son souvenir, dans l’écho qui continue de vibrer au fond du cœur et qui me donne envie de chanter, de rire, d’aimer toutes les créatures avec une ardeur décuplée, parce que je suis saturée d’amour, nourrie et consumée par lui.

1945-02-12

Il me dit plus tard:

«Rien du tout. Tu dois accueillir tout le monde avec une infinie charité accompagnée d’une prudence subtile. Te fermer reviendrait à aiguiser les curiosités. Les repousser serait contraire à la charité. Je te l’ai dit: “Tu seras la cité recherchée.” Tous ne viennent pas avec une intention honnête? Et puis? En ce qui te concerne, sois prudente et cela suffit. As-tu peur de perdre ton temps? Mais qui est le maître du temps? Moi. Alors? En avant, sans peur, sans souci, sans impatience. Vois-tu combien de fois j’ai dû modifier mon programme? Or c’était moi… paix, paix et charité envers tous. en troisième lieu prudence, et voilà tout.»

Je vous raconterai de vive voix ce qui a provoqué cette petite leçon.

1946-04-07

Il me réveille d’un doux sommeil dans lequel je rêvais que j’étais sur un pré d’herbe courte, nouvelle, d’un vert émeraude, borné par un mur déjà haut, et pour je ne sais quelle raison je disais: «Il le faut encore plus haut» et je spécifiais: «pour se défendre»; et en effet le mur s’élevait jusqu’à atteindre au moins cinq mètres. Vraiment infranchissable, si lisse et si haut… Je ne voyais que ce grand pré, vierge de toute empreinte humaine, ce très haut mur et, au-dessus, un ciel bondé de petites étoiles que l’aube approchante rendait toujours plus petites et pâles. Celui qui me réveille, c’est mon Seigneur qui m’appelle et me touche la tête. J’ouvre les yeux et je dis: «Me voici, mon Seigneur, je dormais…», et je suis un peu confuse à la pensée que j’ai fait comme Pierre, Jacques et Jean qui ont un peu trop dormi aux heures les plus solennelles de leur Maître: au Thabor et à Gethsémani.

Mais Jésus sourit et dit: «Je veillais sur toi, ma douce victime qui te consumes par amour pour moi. Je suis venu te dire que je suis là où une créature souffre sa passion et que je lui parle par la bouche de tous les esprits célestes, par les figures de toute la liturgie, en plus de mon amour toujours plus fort et plus présent. Car je sais ce que c’est que la Passion, avec ses tenants et ses aboutissants. J’ai une compassion infinie pour qui la souffre pour mon amour et l’amour des âmes. Vos angoisses, âmes victimes du monde et de l’amour, je les ai toutes éprouvées. Jour après jour je te dévoile ma Passion de Maître incompris, de “Voix” ridiculisée, de Sauveur persécuté, et toi tu t’y retrouves dans ta mesure de créature, comme tous ceux que j’ai choisis pour un service extraordinaire. Combien je fixais le regard sur le ‘but’, sur ce but lumineux, serein et glorieux de ma souffrance longue et multiforme ! Et je disais: “Je dois passer par cette étape douloureuse, pour atteindre l’autre, qui est glorieuse.” Il en va de même pour vous: pour pouvoir avancer dans les ronces cruelles de votre chemin rempli de serpents et de pièges, pour avancer avec tout votre poids sur les épaules et atteindre le but: l’immolation, qui est aussi la réalisation de votre but, c’est-à-dire la corédemption, vous devez toujours garder les yeux fixés sur ce “but”, la charité parfaite pour les âmes, qui s’accomplit par le sacrifice total de soi-même. Il n’y a pas d’amour plus grand que celui de qui donne sa propre vie pour ses frères et ses amis. Je l’ai dit et je l’ai fait. Maria, ma chère, ma douce Maria, ma violette[2] qui te consumes pour moi, ton amour, et pour tes frères, et qui de moi seul reçois un réel retour d’amour, ma consumée, viens, avance… Marchons ensemble. Le monde et Satan pourront te haïr, mais pas au-delà de la limite que j’ai fixée, élevée, insurmontable comme le mur que tu as vu en songe. Eux de l’autre côté, dans leur monde bruyant et chaotique, sale de toutes les concupiscences, semé des hérésies les plus toxiques… et toi de ce côté-ci dans le désert de ce pré qui n’est que sérénité et simple pauvreté, fleuri d’herbes exemptes de toute corruption. Nous avons fait ce pré, toi et moi ensemble. Moi par mes paroles, toi par tes obéissances. Vois-tu comme il est grand? Quelle paix il exhale!… Et en haut, la sérénité du ciel et les innombrables étoiles qui t’attendent, ce sont tes amis du Ciel, ma douce épouse. Ma lumière les fait paraître plus petits et plus pâles. Mais quand je te quitte, ils me succèdent avec leur lumière paradisiaque et ils te réconfortent. Seule, mais jamais seule, tu avances, jusqu’à la fin. Puis, dans un rayon d’étoile, de ton Etoile du matin, tu seras absorbée, âme consacrée par la douleur, Maria consumée pour ton Dieu et pour les âmes; que cela soit écrit sur ta tombe, ô petite mar­tyre, cela et rien de plus parmi tout ce qui te rappellera aux hommes; tu seras absorbée vers le lieu de l’éternelle Paix d’où tu rayonneras de lumière sur les hommes. Les pages que tu as écrites en toute obéissance pour fixer mes Paroles sur le papier seront une lumière d’amour et de vérité, les hommes bons se souviendront de toi comme d’une lumière. Les hommes bons!… Même en cela tu me ressembles, parce que rares furent les hommes de mon temps qui surent aimer et accueillir mon infinie lumière. Les autres, les ténèbres, ne voulurent pas m’accueillir et restèrent ténèbres. Pour ton réconfort je te bénis par tout mon amour de prédilection, pour ton réconfort, pour ton réconfort!»

Je reste ainsi, émue et bienheureuse… jusqu’à ce que mon Azarias commence son explication.

Azarias dit:

«Viens à notre sainte messe des voix, à ta sainte messe des passionnés. Parle et prie avec le Christ, comme le Christ. Tourne-toi vers le Père avec les paroles du Fils que le Saint-Esprit m’accorde d’expliquer.

“Sois mon juge, ô Dieu.”

Seuls ceux qui ont le cœur droit peuvent parler ainsi, dans l’intimité de leur conscience. Car, s’il est facile de flatter les hommes, en prenant Dieu à témoin – et nous ne comprenons pas, nous les anges, comment l’on peut faire une telle chose sans trembler de peur, ou plutôt nous ne le comprenons qu’en mesurant combien Satan fait déchoir l’homme et le rend satanique au point de lui donner la force d’oser invoquer Dieu sans craindre ses propres mauvaises actions –, si donc il est facile de tromper les hommes par cette invocation, qui est sacrilège dans certaines bouches, il n’est pas facile, il n’est pas possible de le faire quand le colloque est intime, avec pour seul témoin l’ange gardien.

Oh! L’homme coupable et impénitent n’ose pas invoquer Dieu, à moins qu’il ne retire un certain réconfort de la présence d’autres qui lui sont semblables! Même le plus rompu à tous les délits, au mensonge, au sacrilège, même un homme qui, si le Seigneur Jésus revenait sur terre, serait capable de le clouer de nouveau sur le bois, parce que Satan lui montrerait le Christ comme un simple homme et lui ferait considérer comme une bagatelle l’assassinat d’un homme, même celui-là n’ose pas, quand il est seul avec lui-même, devant sa propre conscience et devant l’infini mystère de Dieu, dire impudemment: “Sois mon juge, ô Dieu.”

Les coupables, depuis Adam et Eve, ne savent que fuir, ou tenter de fuir la Face de Dieu. Même celui qui nie qu’il y a un Dieu: par une réflexion imprévue, s’il admet le temps d’un éclair que l’existence de Dieu est aussi possible, il ne fait que fuir… pour oublier cette existence. C’est ainsi qu’agissent l’assassin, le voleur, le corrupteur, tous les coupables, et ils le font d’autant plus que leur faute est grande, d’autant plus qu’elle est fré­quente. Ils parviennent même à commettre de nouvelles fautes pour s’étourdir avec la pseudo-certitude que Dieu n’existe pas puisqu’il les laisse faire. Le fait de pouvoir tuer, exercer des sévices, voler, usurper, est pour eux la preuve qu’ils sont des “surhommes”, des “dieux”, et que personne n’est au-dessus d’eux. les péchés répétés et toujours plus graves des grands pécheurs s’expliquent justement par cette raison qu’ils veulent se dire qu’ils sont des “dieux”, que Dieu n’existe pas, qu’il n’y a ni seconde vie ni jugement ni châtiment, que chacun est libre de faire ce qui lui est utile, quoi qu’il en coûte et par quelque moyen que ce soit.

Mais seuls face à l’Unique ils ne tiennent pas, ils fuient. Coupables devant le Juge, ils ne savent pas se dresser et s’écrier: “Sois mon juge, ô Dieu.” Bien qu’ils nient Dieu et s’en moquent, ils en ont une peur instinctive comme le fauve à l’égard de l’homme, quand celui-ci avance courageusement contre la bête, avec audace et habileté à manier une arme; ils ont cette peur instinctive et enragée des fauves envers le dompteur dont ils craignent la punition et ressentent la puissance. Ils cherchent à détruire l’idée de Dieu par un subtil coup de griffes, mais ils ne font que la contourner; ils ne savent ni ne peuvent l’affronter de face. Elle est trop haute, cette idée, il est trop puissant, ce Dieu!… Il les foudroie, les écrase comme des pygmées sur lesquels tombe un rocher de marbre, comme des vermisseaux sous les pieds du géant. Alors ils fuient…

Seules les âmes honnêtes peuvent s’écrier: “Sois mon juge, ô Dieu.” L’honnêteté a de nombreuses figures. Il n’y a pas que l’honnêteté matérielle relative à l’argent, aux poids et mesures, au respect des fruits, des récoltes, des biens d’autrui; il n’y a pas que l’honnêteté morale relative à la bonne réputation, à la sincérité, à l’amitié, au respect de la femme ou de la position de l’autre. Mais il y a aussi l’honnêteté spirituelle, c’est-à-dire paraître en vérité ce que l’on est spirituellement, et pas un atome de plus.

Dans ton cas, dans votre cas, instruments extraordinaires, c’est vraiment et principalement de cette honnêteté qu’il est question.

Même ceux qui sont, en apparence seulement, chrétiens et catholiques sont spirituellement malhonnêtes. s’il leur était possible de revenir vingt siècles en arrière, ils seraient de parfaits exemples de pharisiens, c’est-à-dire qu’ils n’ont que l’apparence du respect dû à Dieu, à sa Loi et à la sainte Eglise romaine catholique et apostolique, alors qu’en réalité, sortis de la scène et retournés à leur demeures, à leur commerces, à leurs devoirs ou à leurs occupations, ils sont tout à fait antichrétiens et mé­prisent tous les articles et préceptes du christianisme, en commençant par celui de l’amour de Dieu, des parents, des subordonnés, du prochain. selon leurs actes mensongers, ils seront jugés et rétribués comme des malhonnêtes par le Juge qui est plein de pitié pour les fautes involontaires, mais inexorable pour les impénitents voués aux hypocrisies calculées.

Mais vous, les “voix”, les instruments extraordinaires, vous devez exercer l’honnêteté des honnêtetés: celle de ne rien ajouter au trésor, de ne rien dilapider du trésor, et de toujours reconnaître que ce n’est pas votre œuvre, mais que c’est l’œuvre de Dieu.

Etre à genoux, toujours, les bras tendus pour recevoir, pour soutenir le poids qui vous est donné et que vous devez tenir élevé dans une offrande continuelle au Très-Haut qui en est l’auteur. Souvenez-vous: ce que vous recevez doit être offert à celui qui vous le donne, tout comme dans la Loi antique on offrait en sacrifice ce que Dieu avait donné: les agneaux, les béliers, les rayons de miel, l’huile, les épis de blé, toutes choses qui existaient parce qu’il les avait créées. De même, dans la nouvelle Loi, on offre des sacrifices. Mais avec quoi? Avec le corps et le sang de celui que le Père vous a donné: l’Agneau très saint qui enlève les péchés du monde. Il doit être offert avec les honneurs qui conviennent à une chose sacrée, c’est-à-dire avec des mains pures, des vêtements purs, sur un drap précieux, sur une précieuse patène.

Quels sont-ils? Votre vie purifiée, votre esprit qui doit se faire jour après jour plus précieux de vertus, votre cœur immolé avec l’Immolé.

Oh! Bénis! Ne pleurez pas dans votre souffrance! Ne pleure pas, Maria chérie du Seigneur, dans ta souffrance! C’est cela qui te rend chère: ta souffrance.

Ecoute: qu’est-ce qui a eu de la valeur aux yeux de Dieu? Ta naissance? Ta culture? Ta position sociale? Rien de cela. Qu’étais-tu, tant que tu étais uniquement Maria, la fille de Giuseppe et d’Iside, éduquée comme une fille de famille aisée?[3] Tu étais une âme commune comme il y en a des millions parmi les chrétiens fidèles. Sur ton autel il n’y avait qu’un seul ornement. Sais-tu lequel? Ton amour pour Jésus souffrant. Le reste était ni plus ni moins celui de la grande masse des catholiques, le strict minimum pour ne pas être au nombre des grands pécheurs.

Puis la souffrance t’a portée à l’amour de la souffrance. Tu as compris, grâce à ton amour relatif et à l’amour infini de Dieu pour toi, ce qu’est la douleur de Dieu et comment on la console… Tu t’es faite hostie, et Dieu t’a accueillie comme hostie.

La souffrance! C’est ta gloire.

Mon âme chérie, tu croyais peut-être que la chair seule était destinée à être consumée? Tout au plus allais-tu jusqu’à envisager les possibilités de souffrir moralement? Non, Maria. Quand un incendie envahit une maison, celle-ci brûle du sous-sol jusqu’en haut du toit, n’est-ce pas? Le Feu du Ciel est descendu sur toi, non pour te punir mais pour t’absorber en lui-même. Il a tout pris de toi. Tout s’est changé en douleur. Ton chrême. Vois: même cette joie béatifique d’entendre parler le Seigneur Jésus est une douleur.

Les superficiels diront: “On ne peut connaître la douleur quand on jouit de l’union avec Dieu!” Le Verbe incarné ne connut-il pas une continuelle douleur quand il était Jésus de Nazareth? Pourtant, l’heure de la rigueur suprême et de l’immolation totale exceptée[4], il était uni au Père et à l’Esprit!

Celle qui est pleine de grâce et sans tache ne connut-elle pas la souffrance comme fidèle compagne dans sa vie d’orpheline, d’épouse, de mère, de reine des apôtres? Pourtant, elle ne méritait pas la souffrance, étant sans faute et si parfaitement unie à Dieu, au point de l’avoir pour Epoux, pour Fils et pour Père.

Mon âme chérie, ne pleure pas! Réjouis-toi donc de ce que tout en toi porte le chrême de la douleur: cela conforme ta vie à celles du très saint Seigneur Jésus et de la très sainte Vierge Marie. Aie confiance dans le Seigneur. Tu peux l’appeler et dire: “Sois mon juge, ô Dieu!”

Comme il doit vous être doux, ô créatures de la terre, de pouvoir dire: “Sois mon juge” à Dieu votre Père! Cette parole est vraiment pleine de confiance filiale, tout comme le fait de vous réfugier contre votre Dieu, que vous ne craignez pas parce que la bonne conscience vous assure de ne l’avoir pas offensé. Mettez-vous sous sa puissante protection qui vous défend “contre le monde profane” et vous libère de “l’homme inique et trompeur” parce que Dieu est votre force. Combien d’humilité, d’amour, combien de sécurité et de paix dans ce filial recours qui témoigne que vous savez être un “rien” aimé et justifié par le Tout.

Mais oui! Il ne faut pas pleurer! Lui, ton Dieu, fera resplendir sa lumière et sa vérité. Pas seulement sur toi: cela, il le fait tellement qu’il te parle comme à sa disciple de prédilection. Mais aussi sur la vérité de ta mission. Tu l’as entendu dans les premières heures du jour, dans sa lumineuse promesse: “Les hommes bons se souviendront de toi comme d’une lumière.” S’ils se souviennent de toi comme d’une lumière, c’est signe que tu es dans la lumière. Ceux qui ne sont pas bons ne croiront pas. Cela servira à te rendre plus semblable au Verbe que les ténèbres n’ont pas voulu reconnaître.

Pourquoi te préoccuper? Souviens-toi de ces paroles de Jésus: “Par leur incrédulité ils accumulent les pierres avec lesquelles ils seront lapidés.” Toi, avance sur ta voie. Va sans détour sur la montagne de Dieu, vers les tabernacles éternels dont parle le psaume de l’introït.

Prions: “Nous te supplions, Dieu tout-puissant, de regarder ta famille, afin qu’elle soit gouvernée par ta grâce dans son corps et protégée dans son âme”, et cela par les mérites de ton Verbe béni, incarné et mort pour les hommes.

“Ta famille”! Tous les fidèles sont la famille de Dieu. Mais, dans toute famille, il y a les préférés, les plus proches du chef de famille. Dans cette famille de fidèles, c’est vous qui êtes les préférées, âmes victimes et appelées à un destin extraordinaire. Dieu ne décevra pas cette prière; comme Père il te protégera parce que, Paul le dit, tu appartiens à la part élue que Jésus a rachetée par son sacrifice.

Lisons Paul et méditons-le. Comment Jésus Christ, venu comme grand-prêtre des biens futurs, entra-t-il une fois pour toutes dans le sanctuaire?

Les anciens israélites, dans leur grande majorité et – ce qui est doublement coupable, justement dans la majorité cultivée – n’ont pas compris comment le Christ était le grand-prêtre éternel, ni en quoi auraient consisté son règne et son sacerdoce. Ils le haïrent par leur peur non fondée, venue d’une foi dénaturée, avilie en matérialité: la peur d’être dépouillés de leurs prérogatives de puissance.

Or Jésus n’avait pas de visées humaines. Il ne tendait pas les mains vers la tiare ni vers la couronne. Il ne tendait les mains que pour recueillir les fils de son Père, avilis, devenus misérables, bâtards, malades, blessés, dispersés… afin de les guérir, les ins­truire, les guider, les consacrer de nouveau dans leur dignité de fils du Père. Pour y parvenir, Jésus n’utilisa pas les moyens et lieux communs, “mais franchissant un tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait par des mains humaines”, c’est-à-dire: se servant de sa nature divine et toute-puissante pour racheter la faute, impossible à racheter d’une autre manière, il se réduit à la condition d’homme, restreignant dans la tente mortelle de la chair le Saint des Saints qu’il était, pour s’immoler lui-même à la place des boucs et des veaux, et, par son sang versé pour la rédemption des hommes, pouvoir entrer à la tête des rachetés dans le sanctuaire éternel une fois pour toujours.

Voici comment vous avez été rachetés par celui dont l’Eglise raconte en ces jours la très sainte épopée, qui s’est terminée par l’ultime cri du Golgotha. Voici ce par quoi ta conscience fut préparée à la pureté nécessaire pour recevoir ses Paroles, et ton esprit à accomplir les œuvres de vie que Dieu juge bonnes pour les hommes. Sans son Sang, sans son immolation accomplie par l’Esprit Saint, c’est-à-dire par l’Amour, tu n’aurais pu servir le Dieu vivant ni sur terre, ni au ciel.

A cause même de ce que tu lui coûtes, ne doutes pas de son amour. Par la puissance de cet amour, qui l’a poussé à mourir pour te rendre digne de l’écouter et de le comprendre, n’aie aucun doute sur sa miséricorde. Comme grand-prêtre éternel, il peut bien introduire dans le sanctuaire ceux qu’il élit.

C’est cela, la nouvelle alliance. Ce n’est plus la volonté des hommes, l’argent, les conspirations, les amitiés entre castes sociales qui se haïssent et pourtant se soutiennent pour nuire aux élus solitaires, et usurpent, en prévaricateurs qu’ils sont, la place des désignés de Dieu; mais c’est Dieu lui-même qui élit ses instruments, et ces appelés reçoivent, par la promesse de Jésus-Christ et par son immolation, l’héritage éternel.

Courage! Ne pleure pas, âme-hostie. Ou plutôt pleure avec le Christ qui prit de la nature humaine même la faiblesse et l’amertume des larmes, inconnues au ciel.

Tu l’as vu verser des larmes et du sang… le premier masque sanglant de sa face bénie est bien venu par sa douleur. La couronne d’épines, les lacérations sanglantes de la flagellation ne firent que maintenir ce masque sur ce visage que désormais les hommes ne méritaient plus de voir dans la perfection de sa beauté pacifique. Conforme-toi, conforme-toi à ton Maître. Il est ton Maître en doctrine et ton Maître en immolation.

Il a lui aussi répandu ses ultimes pleurs de créature humaine, écrasé qu’il était contre la pierre de Gethsémani, oppressé par toute la douleur du monde, par toute la rigueur du ciel. Sa chair a gémi alors sa dernière plainte contre les derniers spasmes imminents. “Seigneur, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi!”

A ceux qui ne parviennent pas à croire que Jésus était vraiment homme et avait de l’homme l’attachement à la vie et l’horreur de la mort, ce cri est la réponse qui dit: “Celui-ci avait une vraie chair.”

“Non pas ma volonté, Père, mais que ta volonté soit faite.” A ceux qui ne parviennent pas à croire que Jésus était vraiment Dieu, et que de Dieu il avait les perfections, ce cri est la ré­ponse qui dit: “Celui-ci était vraiment Dieu.”

A ceux qui ne parviennent pas à croire que tu puisses être le “porte-parole”, la façon dont tu vis, dont tu souffres, dont tu meurs après avoir bu toutes les amertumes en disant “que ta volonté soit faite”, est la réponse qui dit que tu es bien le “porte-parole”, celui que Dieu a pris en raison d’un insondable mystère qui ne sera connu qu’au ciel, pour faire de toi l’instrument d’une œuvre de grande miséricorde.

Pleure avec lui, avec ton Maître souffrant: “Libère-moi des peuples furieux!” et professe: “Toi seul, tu peux m’exalter et me sauver au-dessus des adversaires et des injustes qui ne te connaissent pas, et qui me haïssent à cause ton Nom qui brille sur mes actions.”

Pleure avec lui ton grand abandon: “Beaucoup m’ont tourmenté dès ma jeunesse.” Oui. Tu es venue à lui à travers bien des luttes et des tourments, et tu as été martyre à cause de ta fidélité à son appel. Mais “ils n’ont pu te vaincre”, parce que, par-dessus toute autre voix, tu suivais celle de ton Jésus.

Maintenant que tu es à ses pieds, que tu es son instrument, il est naturel que les ennemis de la vérité fabriquent sur ton dos un édifice de calomnies pour t’écraser. Les “autres Christ” ont en commun la passion et la crucifixion, mais ils ont aussi en commun la résurrection. Et si les hommes enferment la voix de Dieu dans les sépulcres, croyant ainsi l’enterrer pour toujours, les forces de la nature, obéissantes à Dieu, secouent les inutiles fermetures, et les pierres proclament Dieu triomphateur en lui-même et dans ses serviteurs en s’ouvrant, en laissant sortir des parfums et la lumière des viscères fermées où le juste ne se décompose pas, mais repose pour resurgir plus fort et plus beau.

En attendant cette heure, à ceux qui veulent t’accuser ou te faire peur par des doutes, forte de la sincérité de tes œuvres, tu dois répondre avec ton Maître: “Qui de vous me convaincra de péché?”

Et à qui voudrait t’exalter et ainsi te détruire par l’orgueil comme les premiers l’ont voulu par le découragement, réponds: “Je ne cherche pas ma gloire, car mon Père en prend soin. La gloire que je me donnerais à moi-même ou que vous voulez me donner ne vaut rien. En revanche celle que Dieu me donnera avec sa paix éternelle, pour l’honneur que je lui ai rendu, cette gloire existe.”

Sois en paix. Tu auras la Vie par sa Parole, par son sacrement d’amour, par son sacrifice de la croix et par le tien en “victime”.

Bénissons le Seigneur.»

«Grâces soient rendues à Dieu.»

«Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.»

Toutes mes souffrances proviennent de la constatation quotidienne que les Paroles que Dieu m’a dites sont aux mains de tout le monde, qu’elles sont propagées, modifiées, utilisées sans aucune approbation… Cette désobéissance aux ordres explicites de Jésus me cause une grande douleur!… Dieu seul connaît l’ampleur et la profondeur de la torture que les désobéissances d’autrui provoque en moi.[5]

Mais ce temps est celui de la Passion…

1944-10-22

Au Christ-Roi, le 22 octobre 1944

“Jésus, Roi d’amour, aie pitié de nous.

Puisque nous voulons t’aimer, aide-nous à t’aimer.

Puisque nous reconnaissons que tu es le vrai et éternel Roi, aide-nous à toujours mieux te connaître.

Puisque nous croyons que tu peux tout, confirme notre foi par ta miséricorde.

Toi qui es le Roi du monde, aie pitié de ce pauvre monde contemporain, qui ne cesse de descendre vers le mal, et de nous qui y vivons.

Toi qui es le Roi de la paix, donne la paix au monde, qui est toujours plus agité par des querelles de nations et de partis les uns contre les autres, et à nous qui y vivons.

Toi qui es le Roi du Ciel, accorde-nous d’en devenir les sujets, après une vie passée à t’aimer et à te servir.

Tu sais combien nous pleurons à la vue de la situation actuelle de notre patrie et de l’humanité tout entière : console-nous.

Tu sais combien nous tremblons et souffrons de ce qui se passe, depuis des années, avec une férocité et une injustice toujours plus grandes : soutiens-nous.

Tu sais que nous avons besoin de tout : aide-nous.

Nous savons que c’est à cause de nos fautes que nous souffrons, mais nous espérons en toi.

Nous savons que notre souffrance est légère par rapport à celle que nous mériterions de subir, mais nous avons confiance en toi.

Nous savons ce que nous t’avons fait, mais aussi ce que, toi, tu as fait pour nous.

Nous savons que tu es le Sauveur : sauve-nous, ô Jésus !

Roi couronné d’épines, en raison de ton martyre d’amour, sois pour nous l’Amour qui secourt.

Que tes mains transpercées nous ouvrent les trésors de la grâce et des grâces.

Viens à nous avec tes pieds blessés, sanctifie la terre par le Sang qui goutte de tes plaies, joyau de ta royauté de Rédempteur.

Ouvre nos cœurs à l’amour par les flammes de ton cœur, qui s’est ouvert à nous.

Si nous t’aimons, nous serons sauvés ici, sur la terre, de notre vivant puis à l’heure de notre mort et du jugement dernier.

Que vienne ton règne, Seigneur, sur la terre, au Ciel et partout, dans nos cœurs.”

[Cette prière “Au Christ Roi” et la suivante “Pour les défunts” se trouvent aussi dans les Cahiers de 1944, comme nous le noterons dans les lignes d’introduction du 19 juin 1953.]

AUTO 2.0.01

Nous sommes aujourd’hui le 10 mars, le mercredi des Cendres. C’est donc le début du carême. C’est pour moi toujours un temps d’événements qui me laissent un signe ineffaçable.

Si l’on y regarde bien, nombreux sont les principaux événements de ma vie qui sont advenus dans cette période de temps qui court du mercredi des Cendres jusqu’à Pâques.

Il y a d’abord ma naissance. Comme la violette, je suis une petite fleur de carême. Je m’épanouissais à la vie et à la grâce en ce temps de pénitence qui précède Pâques et mes petits yeux, qui pleuraient le ciel qu’ils avaient perdu, virent en premier lieu le parement de pénitence de l’Eglise...

C’est en carême que je fis ma première confession.

C’est en carême que j’entrais au collège.

C’est en carême que je quittais le collège pour rentrer à la maison.

C’est en carême que je m’éveillais pour la première fois à l’amour humain.

En carême enfin, mes embrassements les plus intimes avec Dieu, lorsque l’amour humain, s’étant éteint comme une fleur éphémère inadéquate pour mon âme, céda la place au seul Amour envers Celui qui déjà s’était montré et fait aimer par une enfant, sous un visage couvert de sang et sous des membres transpercés.

Née en un temps de tristesse et de pénitence, destinée à aimer Jésus-douloureux, il est bien juste que je doive avoir connu de bonne heure les pleurs, et toujours davantage de pleurs. Qu’il soit béni celui qui fut pour moi la rosée, qui désaltéra la petite plante d’amour que j’étais, et fit d’elle un “grand arbre dont les branches abritent les oiseaux du ciel, qui viennent s’y reposer”[6].

Le grain de sénevé, le plus petit parmi toutes les graines et le symbole du royaume des cieux, représente pour moi l’Amour. Car l’Amour seul peut nous donner, à nous autres qui sommes si imparfaits, la capacité de conquérir le royaume des cieux.

Mais l’amour que Dieu avait déposé, comme une petite graine, dans la petite âme que j’étais, était descendu en cet enfant comme une goutte de sanglot divin; car cet enfant avait besoin de pleurs, de souffrances, pour mettre des racines et du feuillage et s’élever jusqu’au ciel... Mais pour atteindre le ciel, cet enfant a dû, après avoir fait face à de nombreuses tempêtes dans sa vaine tentative de se débarasser de la souffrance, regrouper ses branches en forme de croix et se clouer sur cette croix.

Alors cet arbre, alimenté par les pleurs, réchauffé par l’amour, émondé par la souffrance, est devenu un arbre géant, et j’espère que son feuillage vivra éternellement et qu’il obtiendra pour mon ange la palme du vainqueur et le cep pour la confection de la couronne de ma victoire et l’enseigne de mon martyre.

7.1

Je vois encore Anne. Depuis hier soir, je la vois ainsi : assise à l’entrée d’une tonnelle ombragée, occupée à un travail de couture. Elle est entièrement vêtue de gris sable. C’est un vêtement très simple et dénoué, peut-être parce qu’il fait très chaud.

Au bout de la tonnelle, on voit des faucheurs couper le foin. Il semble toutefois qu’il s’agit du regain car le raisin est déjà en train de prendre une couleur dorée, et un gros pommier laisse voir, à travers un feuillage sombre, ses fruits qui mûrissent en jaune et rouge clair ; d’ailleurs, le champ de blé n’est plus que du chaume où ondulent gracieusement les flammes des coquelicots et où se dressent des bleuets, droits et sereins, rayés comme une étoile et azurés comme un ciel d’orient.

Marie, toute petite mais déjà vive et indépendante, arrive de la tonnelle. Ses petits pas sont assurés et ses sandalettes blanches ne trébuchent pas dans les cailloux. Elle laisse déjà deviner sa douce démarche légèrement ondulante de colombe. Elle est toute blanche, comme une petite colombe, dans un vêtement de lin qui lui descend jusqu’aux chevilles, ample et froncé au cou par un cordonnet bleu clair ; des manches courtes laissent voir des avant-bras roses et potelés. Avec ses cheveux soyeux et blonds comme le miel, pas très frisés mais légèrement ondulants, qui se ter­minent en boucles, ses yeux couleur de ciel, son joli minois légèrement rosé et tout sourire, on dirait un petit ange. Même la brise qui entre dans ses manches amples et gonfle aux épaules sa petite robe de lin, contribue à la faire ressembler à un angelot aux ailes déjà à demi-ouvertes pour l’envol.

Elle tient des coquelicots, des bleuets et d’autres fleurs des champs qui poussent au milieu des blés, mais dont j’ignore le nom. Elle marche et, quand elle est tout près de sa mère, elle pique une brève course en poussant un cri joyeux ; comme une petite tourterelle, elle arrête son vol contre les genoux de sa mère, qui s’écartent un peu pour l’accueillir, pendant qu’Anne, mettant son travail de côté pour éviter qu’elle ne se pique, lui tend les bras pour l’embrasser.

La vision reprend ce matin à l’endroit où elle s’est arrêtée hier soir.

« Maman, Maman ! »

La tourterelle blanche est blottie dans le nid des genoux maternels, les pieds sur l’herbe rase et le visage sur le sein de sa mère, si bien qu’on ne voit plus que l’or pâle de ses cheveux sur la petite nuque ; Anne s’incline pour l’embrasser avec amour.

1944-01-07

Jésus dit:

«Voici ce qui est dicté pour toi, ô homme qui m’est cher en dépit de tes erreurs, toi, la brebis perdue pour laquelle j’ai marché et versé mon sang pour t’indiquer la voie de la Vérité. Cette instruction est pour toi. C’est une lumière pour toi. Ne refuse pas mon don.

Ne commets pas le sacrilège de penser qu’une autre parole est plus juste que celle-ci. Celle-ci est la mienne. C’est ma voix qui, depuis des siècles, est la même, sans changer, sans se contredire, sans se renouveler au fil des siècles parce qu’elle est parfaite et que le progrès n’a aucune incidence sur elle. Vous, vous pouvez vous mettre à jour. Pas moi, qui suis comme au premier jour de mon enseignement tout comme je suis de toute éternité en ma nature. Je suis la Parole de Dieu, la Sagesse du Père.

Il est dit, dans mon seul et vrai Evangile: “Je suis le Dieu d’A­braham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Non pas le Dieu des morts, mais des vivants.” Abraham a vécu une fois. Isaac a vécu une fois. Jacob a vécu une fois. Tu vivras une fois. Moi, qui suis Dieu, j’ai pris chair une seule fois et ne la prendrai pas une seconde, parce que Dieu lui-même respecte l’ordre. Or l’ordre de la vie humaine est le suivant:

Un esprit fusionne avec une chair pour rendre l’homme semblable à Dieu, qui n’est pas chair mais esprit, non pas animal mais surnaturel.

Quand la chair dépérit lorsque vient son crépuscule, elle tombe comme une dépouille, telle un simple revêtement, dans le néant dont elle fut tirée, et l’âme retourne à sa vie: bienheureuse si elle vit, mais damnée si l’homme a fait de sa chair son seigneur au lieu de faire de Dieu le seigneur de son âme.

De l’au-delà, dont vous désirez inutilement connaître les détails sans vous contenter de croire à son existence, cette âme vous attend en tremblant de peur ou avec des frémissements de joie de voir la chair ressusciter pour s’en revêtir au dernier jour de la Terre et avec elle être précipitée dans l’Abîme ou entrer au ciel glorifiée jusque dans la matière avec laquelle vous avez remporté la victoire: en effet, de votre ennemie naturelle, vous vous serez fait une alliée surnaturelle.

Mais comment pourriez-vous revêtir une chair au moment de ma visite sublime et, avec elle, aller à la condamnation ou à la gloire, si chaque âme avait eu plusieurs chairs? Laquelle serait choisie? la première ou la dernière?

Si, selon vos théories, la première a permis l’accession de l’esprit à la seconde, c’est déjà une chair méritoire, et même plus digne que les autres de posséder le ciel, puisque c’est la première victoire qui coûte. Après cette accession, elle est entraînée. mais si seuls les parfaits doivent aller au ciel, comment la première peut-elle y aller? Il serait injuste d’en exclure la première de vos chairs, et tout aussi injuste de penser qu’il en irait de même de la dernière de vos chairs, qu’une théorie néfaste vous fait croire que votre esprit peut revêtir, en une série ascendante, en s’incarnant, se désincarnant pour se réincarner comme un habit que l’on enlève le soir pour le reprendre le lendemain matin.

Et comment pourriez-vous invoquer les bienheureux s’ils étaient déjà réincarnés? Comment traiter vos défunts de vôtres, s’ils sont au même moment les enfants d’autres personnes?

Non. L’âme vit. Bien qu’elle soit créée, elle ne sera plus détruite. Elle vit dans la Vie si elle a mené, sur la terre, l’unique vie qui vous soit permise, celle d’enfants de Dieu. Elle vit dans la Mort si elle a vécu sur la terre en fils de Satan. Ce qui est à Dieu retourne à Dieu pour l’éternité. ce qui est de satan retourne à Satan pour l’éternité.

Ne dites pas: “C’est mal.” Moi qui suis la Vérité, je te dis que c’est le bien suprême. Si vous viviez mille vies, vous deviendriez mille fois les souffre-douleur de Satan, et vous ne sauriez pas toujours en sortir blessés mais vivants. Mais puisque vous vivez une seule fois et que vous savez que votre destin se joue à ce seul moment, si vous n’êtes pas de nauséabonds adorateurs de la Bête, agissez au moins avec ce minimum de bonne volonté qui me suffit pour vous sauver.

Bienheureux ceux qui, au lieu du minimum, se donnent tout entiers à moi et vivent de la Loi. Du ciel, le Dieu des vivants les re­garde avec infiniment d’amour, et ce que vous avez encore de bien sur la terre, vous l’avez par ces saints que vous méprisez parfois mais que les saints du ciel appellent “frères”; les anges les ca­ressent, et le Dieu un et trine les bénit.»

7.2

Puis la tourterelle relève la tête et offre toutes ses fleurs à sa mère, et pour chacune elle raconte une histoire qu’elle invente.

Celle-ci, si bleue et si grande, est une étoile tombée du ciel pour apporter un baiser du Seigneur à sa maman. Qu’elle l’embrasse là, cette petite fleur céleste, sur son cœur, bien sur son cœur, et elle lui trouvera le goût de Dieu.

Cette autre, en revanche, d’un bleu plus pâle, comme les yeux de son père, porte inscrit sur ses feuilles que le Seigneur aime beaucoup son papa parce qu’il est bon.

Et celle-ci, la toute petite, la seule qu’elle ait trouvée – c’est un myosotis –, est celle que le Seigneur a créée pour dire à Marie qu’il l’aime beaucoup.

Quant à ces rouges-ci, sa mère sait-elle ce qu’elles sont ? Ce sont des morceaux du vêtement du roi David, trempés dans le sang des ennemis d’Israël et semés sur les champs de bataille et de victoire. Elles sont nées de ces pans de vêtement royal déchirés dans le combat héroïque pour le Seigneur.

Mais cette blanche-là, si gracieuse, paraît composée de sept coupes soyeuses qui regardent vers le ciel et embaument ; elle est née là, à côté de la source, et c’est son père qui l’a cueillie pour elle au milieu des épines. On la croirait faite avec le vêtement que le roi Salomon portait lorsque, le mois même où sa petite-fille était née, bien des années auparavant – ah, combien d’années avant ! –, il marcha[1], revêtu de splendides atours blancs, au milieu de la foule d’Israël, devant l’Arche et la Tente ; jubilant à la vue de la nuée revenue entourer sa gloire, il chanta le cantique et la prière de sa joie.

« Je veux être toujours comme cette fleur et, comme ce roi sage, je veux chanter toute ma vie des cantiques et des prières devant la Tente, achève Marie de sa petite bouche.

– Ma joie ! Comment connais-tu ces choses saintes ? Qui te les a apprises ? Ton père ?

– Non. Je ne sais pas qui c’est. J’ai l’impression de les avoir toujours sues. Mais c’est peut-être quelqu’un qui me les dit mais que je ne vois pas. Peut-être l’un des anges que Dieu envoie parler aux hommes bons.

7.3

Maman, tu m’en racontes encore une ?…

– Oh, ma fille ! Quelle histoire veux-tu encore connaître ? »

Marie réfléchit, sérieuse et recueillie. Il faudrait la peindre pour immortaliser son expression. L’ombre de ses pensées se reflète sur son visage d’enfant. Comme elle pense à l’histoire d’Israël, ce sont autant de sourires et de soupirs, de rayons de soleil et d’ombres de nuages. Puis elle choisit :

« Encore la parole[7] de Gabriel à Daniel, celle où le Christ nous est promis. »

Elle écoute les yeux fermés et répète lentement les paroles de sa mère, comme pour mieux s’en souvenir. Quand Anne termine, elle demande :

« Combien de temps faut-il encore pour que l’Emmanuel vienne ?

– Environ trente ans, ma chérie.

– Encore tout ce temps ! Et moi, je serai au Temple… Dis-moi : si je priais beaucoup, beaucoup, beaucoup, jour et nuit, nuit et jour, et si dans ce but je voulais appartenir à Dieu seul pendant toute ma vie, l’Eternel me ferait-il la grâce de donner le Messie à son peuple plus tôt ?

– Je ne sais pas, ma chérie. Le prophète dit : “ Soixante-dix semaines. ” Je pense que la prophétie ne ment pas. Mais le Seigneur est si bon, se hâte d’ajouter Anne en voyant perler une larme sur le cil d’or de sa fille, que je crois que si tu pries beaucoup, beaucoup, beaucoup, il t’exaucera. »

Le sourire revient sur le petit visage légèrement levé vers sa mère, et un éclair de soleil qui passe entre deux pampres fait briller des larmes déjà arrêtées, comme s’il s’agissait de gouttelettes de rosée suspendues aux fines tiges de mousse alpine.

7.4

« Alors je vais prier et je resterai vierge pour cela.

– Sais-tu seulement ce que cela signifie ?

– ça veut dire ne pas connaître l’amour d’un homme, mais seulement celui de Dieu. Ça veut dire n’avoir de pensée pour personne d’autre que pour le Seigneur. Ça veut dire garder la chair d’un enfant et avoir le cœur d’un ange. Ça veut dire uti­liser ses yeux uniquement pour regarder Dieu, ses oreilles uniquement pour l’écouter, sa bouche uniquement pour le louer, ses mains uniquement pour s’offrir en hostie, ses pieds uniquement pour se dépêcher de le suivre, son cœur et sa vie pour les lui donner.

– Bénie es-tu ! Mais dans ce cas tu n’auras jamais d’enfant, toi qui aimes tant les enfants, les petits agneaux et les tourte­relles… Tu sais ? Pour une femme, un enfant est comme un agneau blanc et frisé, ou comme une petite colombe au plumage soyeux et au bec de corail qu’on peut aimer, embrasser et qu’on entend vous dire : “ Maman. ”

– Peu importe. J’appartiendrai à Dieu. Je prierai au Temple. Un jour, peut-être, je verrai l’Emmanuel. La vierge qui doit être sa mère, aux dires du grand prophète, doit être déjà née et elle est au Temple… Je lui servirai de compagne… de servante… Oh oui ! Si je pouvais la reconnaître, grâce à une lumière de Dieu, je voudrais la servir, cette mère bienheureuse ! Après, elle me porterait son fils, elle m’emmènerait vers son fils, et je le servirais lui aussi. Pense donc, maman ! Servir le Messie… »

Marie est tout excitée à cette idée, qui l’enthousiasme et l’anéantit à la fois. Les mains croisées sur la poitrine et la tête légèrement penchée en avant, emportée par l’émotion, on dirait une reproduction enfantine de la Vierge de l’Annonciation[8] que j’ai vue. Elle reprend :

« Mais est-ce que le Roi d’Israël, l’Oint de Dieu, me permettra de le servir ?

– N’en doute pas. Le roi Salomon ne dit-il[9] pas : “ Il y a soi­xante reines et quatre-vingts concubines ! Et des jeunes filles sans nombre ” ? Tu vois que les jeunes vierges qui serviront leur Seigneur au palais du Roi seront innombrables.

– Ah, tu vois donc bien que je dois être vierge ? Je le dois. S’il veut une vierge pour mère, c’est le signe qu’il aime la virginité plus que tout. Je veux qu’il m’aime, moi sa servante, pour la virginité qui me rendra un peu semblable à sa mère bien-aimée…

Oui, c’est ce que je veux…

7.5

Je voudrais même pécher, pécher beaucoup, si je n’avais pas peur d’offenser le Seigneur… Dis-moi, maman : peut-on être pécheur par amour pour Dieu ?

– Mais que dis-tu là, mon trésor ? Je ne te comprends pas.

– Voici ce que je pense : pécher pour pouvoir être aimée de Dieu qui devient Sauveur. On sauve ce qui est perdu, n’est-ce pas ? Je voudrais être sauvée par le Sauveur pour qu’il me regarde avec amour. C’est pour ça que je voudrais pécher, mais sans faire de péché qui le dégoûte. Comment peut-il me sauver si je ne me perds pas ? »

Anne est abasourdie. Elle ne sait plus quoi dire.

Mais Joachim vient à son secours. Comme il marchait sur l’herbe, il s’est approché sans faire de bruit derrière la haie de ceps bas.

« Il t’a sauvée d’avance, parce qu’il sait que tu l’aimes et que tu ne veux aimer que lui. C’est pourquoi tu es déjà rachetée, et tu peux rester vierge comme tu le désires, déclare-t-il.

– Vraiment, papa ? »

Marie se serre contre ses genoux et le regarde avec des yeux semblables à de claires étoiles qui ressemblent tellement à ceux de son père et expriment un tel bonheur devant l’espoir qu’il lui donne.

« C’est vrai, mon petit amour. Regarde : je t’apportais ce petit passereau qui a fait son premier vol près de la fontaine. J’aurais pu le laisser partir, mais ses faibles ailes et ses pattes trop grêles n’avaient pas assez de force pour le soulever à nouveau et le retenir sur les pierres glissantes et pleines de mousse. Il serait tombé dans l’eau. Je n’ai pas attendu que cela arrive. Je l’ai pris et je te le donne. Tu en feras ce que tu voudras. Le fait est qu’il a été sauvé avant d’encourir le danger. C’est aussi ce que Dieu a fait avec toi. Maintenant, dis-moi, Marie, ai-je aimé davantage le passereau en le sauvant d’avance, ou l’aurais-je plus aimé en le sauvant après la chute ?

– C’est maintenant que tu l’as le plus aimé, puisque tu n’as pas permis qu’il se fasse mal dans l’eau glacée.

– Eh bien ! Dieu t’a aimée davantage, puisqu’il t’a sauvée avant que tu ne pèches.

– Dans ce cas, je l’aimerai de toutes mes forces. De toutes mes forces. Joli petit oiseau, je suis comme toi. Le Seigneur nous a aimés pareillement, en nous accordant le salut… Je vais te soigner, puis je te laisserai partir. Tu chanteras les louanges de Dieu dans les bois et moi au Temple. Nous dirons : “ Envoie, envoie celui que tu as promis à ceux qui l’attendent. ”

7.6

Oh, papa ! Quand vas-tu donc me conduire au Temple ?

– Bientôt, ma perle. Mais cela ne te fait rien de quitter ton père ?

– Oh si, beaucoup ! Mais tu viendras… et puis, si ça ne faisait pas mal, où serait le sacrifice ?

– Tu te souviendras de nous ?

– Toujours. Après la prière pour l’Emmanuel, je prierai pour vous. Que Dieu vous donne joie et longue vie… jusqu’au jour où il sera le Sauveur. Ensuite, je lui dirai de vous prendre pour vous emmener à la Jérusalem des cieux. »

La vision s’arrête sur l’image de Marie blottie dans les bras de son père…

7.7

Jésus dit :

« J’entends déjà les commentaires des docteurs en ergoterie : “ Comment une enfant de moins de trois ans peut-elle parler ainsi ? C’est exagéré ! ” Ils ne réfléchissent qu’ils font de moi un phénomène en faisant passer mon enfance pour une conduite d’adulte.

L’intelligence ne vient pas à tous de la même façon et au même âge. L’Eglise a fixé à six ans l’âge auquel on est responsable de ses actes, parce que c’est l’âge auquel tout enfant, même retardé, peut distinguer le bien du mal, ne serait-ce que de façon rudimentaire. Mais il y a des enfants qui peuvent bien plus tôt discerner, comprendre et vouloir avec une raison déjà suffisamment développée. La petite Imelde Lambertini, Rose de Viterbe, Nellie Organ, Nennolina vous donnent un exemple probant qui vous permet de croire, ô docteurs exigeants, que ma Mère a pu penser et parler ainsi. Encore n’ai-je pris que quatre noms au hasard parmi les milliers d’enfants saints qui peuplent mon Paradis après avoir raisonné en adultes sur la terre pendant plus ou moins d’années.

7.8

Qu’est-ce que la raison ? Un don de Dieu. Dieu peut donc l’accorder dans la mesure qu’il veut, à qui il veut et au moment où il le veut. Mieux, la raison est l’un des éléments qui vous font ressembler à Dieu, qui est Esprit intelligent et doué de raison. La raison et l’intelligence furent des dons gratuits accordés par Dieu à l’homme au paradis terrestre. Et comme elles étaient vives quand la grâce était vive, encore intacte et à l’œuvre dans l’âme des deux premiers parents !

Il est dit[10], dans le livre de Jésus ben Sirach : “ Toute sagesse vient du Seigneur, elle est près de lui à jamais. ” Quelle sagesse les hommes auraient-ils donc possédée s’ils étaient restés enfants de Dieu !

Les lacunes de votre intelligence sont le résultat naturel de votre déchéance dans la grâce et l’honnêteté. Par la perte de la grâce, vous avez éloigné de vous la Sagesse, et cela pour des siècles. Comme un météore qui se dissimule derrière des kilomètres de nébuleuses, la Sagesse ne vous est plus parvenue avec netteté, mais au travers de brumes que votre corruption ne cesse d’épaissir.

Puis le Christ est venu, et il vous a rendu la grâce, ce don suprême de l’amour de Dieu. Mais savez-vous garder ce joyau net et pur ? Non. Quand vous ne la brisez pas par la volonté individuelle de pécher, vous la souillez par vos continuelles fautes de moindre importance, par vos faiblesses, votre sympathie pour le vice et même par les sympathies qui, sans être de véritables alliances avec le vice septiforme, n’en affaiblissent pas moins la lumière de la grâce et de son action. Vous avez ensuite, pour assombrir la magnifique lumière de l’intelligence que Dieu avait donnée à vos premiers parents, des siècles de corruption qui ont répercuté leur action néfaste sur vos forces physiques et vos facultés intellectuelles.

7.9

Or Marie n’était pas seulement la femme pure, la nouvelle Eve recréée pour faire la joie de Dieu : elle était plus qu’Eve, elle était le chef-d’œuvre du Très-Haut, elle était la Pleine de grâce, elle était la Mère du Verbe dans l’esprit de Dieu.

“ Le Verbe est la source de la Sagesse ”, dit Jésus ben Sirach. Le Fils n’aurait-il donc pas mis sa propre sagesse sur les lèvres de sa Mère ?

Un prophète[11] chargé de dire les paroles que le Verbe – la Sagesse – lui inspirait de transmettre aux hommes eut les lèvres purifiées par un chardon ardent : et l’Amour n’aurait pas donné netteté et élévation de langage à son Epouse encore enfant qui devait porter la Parole en son sein ? Elle ne devait plus parler d’abord en enfant puis en femme, mais uniquement et toujours en créature céleste en qui la grande lumière et la sagesse de Dieu étaient infuses.

Le miracle ne réside pas dans l’intelligence supérieure manifestée dès l’enfance par Marie, puis par moi. Le miracle, c’est de pouvoir contenir l’Intelligence infinie qui habitait en nous, dans des limites qui permettent de ne pas frapper d’émerveillement les foules et de ne pas éveiller l’attention de Satan.

Je reviendrai sur ce thème, qui entre dans la catégorie des “ souvenirs ” que les saints ont de Dieu. »


Notes

  1. il marcha, comme il est écrit en 1 R 8, 1-5.
  2. Voir Autobiographie, Introduction.
  3. Voir Autobiographie, passim.
  4. L’heure de la rigueur suprême, car Jésus, en tant qu’Homme, fit l’expérience en l’abandon de Dieu.
  5. L’auteur fait référence à la diffusion d’un certain nombre de fascicules valtortiens par le P. Migliorini.
  6. Mt 13,31-32; Mc 4,30-32; Lc 13,18-19.
  7. la parole de la prophétie de Dn 9, 20-27, qui sera interprétée en 10.5 et en 41.3/4.
  8. la Vierge de l’Annonciation est la sainte image vénérée dans la basilique de la Ss. Annunciata à Florence, comme nous le verrons en 27.1.
  9. dit-il, en Ct 6, 8.
  10. Il est dit, en Si 1, 1-8.
  11. Un prophète, c’est-à-dire Isaïe, comme on le voit en Is 6, 6-7. Ce fait est cité à plusieurs reprises dans “ L’Evangile tel qu’il m’a été révélé ”, que ce soit sous forme directe (comme ici et, par exemple, en 166.8 et en 626.2) ou indirecte (comme en 364.8). Mais ce sont surtout les prophéties messianiques qui sont rappelées (voir les notes de 561.11 et de 577.4).