Comme me l’a dit l’ange, je commence à partir d’aujourd’hui à invoquer mentalement la phrase “In Nomine Domini” (au Nom du Seigneur) avant d’écrire sur cahier ou lettre, et sur chacune de mes actions. Il me l’a dit dimanche 3 mars après l’explication de la sainte messe: «Quand sera accomplie cette nouvelle mutilation et que tu ne seras plus défendue que par Dieu parce que même le père ne pourra plus t’aider ni te protéger, tu invoqueras avant d’écrire des lettres ou des cahiers, ou de faire tout autre écrit ou action, les paroles “In Nomine Domini”, en mettant toujours la phrase enseignée par notre très saint Jésus: “La paix soit avec toi.”»
Azarias dit:
«Me voici, mon âme, pour notre sainte messe. La belle messe des “voix”.
Je ne te parle pas en maître, bien que je sois face à toi, mais je t’étreins pour te faire sentir que le ciel est avec toi, que toute cette paix qui t’inonde c’est le ciel, parce que tu es la petite voix obéissante; Dieu t’aime, il t’aime beaucoup, il t’aime d’autant plus que les hommes ont cessé de t’aimer. Vois-tu qui est avec moi? Les trois archanges (Gabriel, Michel et Raphaël) sont là pour t’apporter toujours plus de ciel. Jeanne de France n’a jamais autant eu avec elle la présence de saint Michel archange qu’à l’heure du martyre. Nous, nous n’abandonnons pas les “victimes”. Au contraire, nous nous serrons contre elles, parce que nous revoyons en elles le Christ et parce qu’elles sont ce que, par amour, nous voudrions être. Elles sont les holocaustes.
Regarde le sourire de mes trois frères. Ils sont prêts à chanter avec nous les louanges de Dieu.
Voici l’introït. Il fait mémoire, de façon douce et filiale. Il dit sans crainte comment Dieu ne peut oublier un seul instant ses enfants chéris. C’est comme la demande innocente des enfants à leur maman: “Tu m’aimes?” Ils le savent bien, que leur maman les aime. Mais c’est si doux de s’entendre dire par sa mère qu’elle nous aime, que le petit, déjà sûr de la réponse, le demande plusieurs fois par jour.
Ainsi les enfants de Dieu, pour entendre sa douce et paternelle réponse, disent: “Souviens-toi, Seigneur…” Oh! Déjà la réponse descend. Je te la porte. Lui, le Très-Haut, dit: “Avant même que tu penses à dire: ‘Souviens-toi de moi’, moi je me souviens de toi.” Oui. Il se rappelle, et ses miséricordes sont sans limite dans le temps, en nombre et en puissance.
Il laisse faire ses ennemis, mais pas au-delà d’un certain point. Ce n’est pas par erreur, mon âme, que je dis “ses” ennemis. Qui offense la créature chérie de Dieu et la torture, c’est Dieu qu’il offense, et donc lui est un ennemi. Dieu, en effet, resplendit en ses chers enfants, et qui lève la main sur eux la lève sur la Lumière très sainte. J’ai dit également que Dieu laisse faire, mais pas au-delà d’un certain point. Mon âme, tu en fais l’expérience. Comme un mur assailli par des forcenés, chaque amour, même saint, croule autour de toi. La mort, les préjugés ou encore l’indifférence te privent de toute compagnie. Tu es mise à nu. Comme Jésus sur la croix. Oh! Heureuse, toi qui n’as plus que les saints pour amis! Parents, amis, sœurs, tes sœurs! et tes compagnes! Tu vois comme les amours humains sont pauvres et limités? Que ce soit la mort, à laquelle il n’y a qu’à dire “fiat”, ou bien la volonté des hommes avec leur mesquine et orgueilleuse incompréhension, voilà qu’ils t’ont abandonnée à la solitude.
Petit Jean, tu n’as plus qu’une seule personne pour te donner les soins matériels que par toi-même, étant crucifiée, tu ne peux plus te donner. Cependant, par tes paroles, par tes paroles dites avant la leçon, tu montres que tu es comme le vieux Tobie, “de la lignée des saints”, une âme qui “attend cette vie que Dieu donnera à ceux qui ne perdent jamais leur foi dans le Seigneur”.
Sais-tu que tes paroles, joyeuses de la joie de ceux qui vivent dans le Seigneur, ont été écrites dans le Livre du ciel? Persévère, mon âme, tu seras libérée de toute affliction et tu ne seras pas déçue, toi qui mets ta confiance dans le Seigneur.
Prions le Seigneur, prions-le ensemble pour que le mal ne prévale jamais sur ta faiblesse de créature, ni par le découragement, ni par l’orgueil, comme tu l’as toujours désiré; que Dieu, Dieu seul, te garde pure pour sa gloire.
Maintenant les trois anges venus du ciel, eux qui étaient présents quand l’Apôtre écrivait aux Thessaloniciens et parlait pour les siècles à tous les fidèles, te disent “de quelle façon” une petite voix “doit se comporter pour plaire à Dieu, pour progresser toujours davantage”. Les anges du ciel sont vraiment tes guides, avec l’ange des anges, c’est-à-dire le Seigneur Jésus, eux qui sont venus t’apporter les préceptes du Seigneur pour te faire avancer en sécurité sur la voie de Dieu. N’en doute jamais, jamais. Ils te répètent maintenant, nous te répétons avec l’Apôtre, que Dieu veut que tu te sanctifies toujours plus et qu’aucune fornication ne te corrompe.
Combien Satan t’en présentera-t-il, maintenant que ton aide terrestre s’éloigne de toi!. Son aspect et ses vêtements éloignaient Satan, son âme le mettait en fuite. C’est pour cela que tu le voulais auprès de toi dans tes agonies. Mais Jésus, à Gethsémani, était seul, seul encore au Sanhédrin, seul au Prétoire, seul au Calvaire… Ame, mon âme, sois comme le Christ. Lutte seule et remporte la victoire, au nom du Seigneur. L’enfer ne prévaudra pas, si tu agis pour la gloire de Dieu, toujours.
A qui voudra te faire pécher par la pensée, l’orgueil, le jugement ou l’esprit, dis: “Non!”. Non, à qui veut te faire juger tes supérieurs hiérarchiques ecclésiastiques. Non, à qui veut te faire dire qu’ils ont mal agi. Non, à qui voudrait attiédir ton amour envers Dieu, l’Eglise, la prière. Non, à qui te tentera d’avoir des satisfactions humaines. Non, toujours non, aux concupiscences. Et oui, toujours oui, un “oui” semblable à l’étoile très pure, au chant céleste donné à Dieu et à son adorable volonté.
Sois maîtresse de ton corps qui est le temple de l’âme où vit le Christ et sois surtout maîtresse de ton intelligence, de ses possibles faiblesses que Satan pourrait exciter pour te vaincre. Jamais, pour rien au monde, tu ne dois imiter les histrions de la religion et du mysticisme par des abus et des fraudes. Sois limpide comme une source de montagne. Donne ce filet d’eau, donne ce fleuve de paroles reçu de Dieu, sans accueillir d’autres eaux pour augmenter ton rendement et séduire. Dieu fait justice de ces fraudes, inexorablement. Il t’a élue, non pour que tu te profanes, mais pour que son don te sanctifie. Une seule parole peut sauver un cœur. Or, à toi, pour sauver les cœurs dotés de bonne volonté de salut, Dieu en donne mille et dix mille. Elles seront fructueuses parce que tu les irrigues et les engraisses par tes tribulations toujours plus grandes.
Célébrons la bonté du Seigneur en ne cédant à rien qui ne soit l’observance parfaite de sa Loi. C’est le sacrifice de louange que Dieu accepte des cœurs, un sacrifice qu’il veut total de la part de ceux à qui il a tout donné en se donnant avec amour et par sa Parole. Fais-moi toujours la joie de te voir célébrer ton sacrifice de louange, âme que Dieu m’a demandé de protéger, et que j’aime d’un immense amour.
Ame que j’ai vue se transfigurer, lentement, comme il convient à la nature humaine, mais avec constance, au point de pouvoir dire moi aussi avec les trois apôtres: “Il est beau, mon Seigneur, d’être là avec cette âme que tu as travaillée et qui, au fur et à mesure que tu la travaillais davantage, l’acceptait plus parfaitement par amour.” Maria, comme une pâte molle entre les mains de Dieu, laisse-toi travailler sans résistance et remodeler toujours plus selon sa très sainte pensée.
Promets ceci à ton Seigneur, en union avec ton Azarias: “Je méditerai tes préceptes qui me sont si chers et je lèverai les mains vers tes commandements que j’aime tant.” En fait, seuls ceux qui aiment méditent et savourent les paroles de celui qu’ils aiment et, ce faisant, ils éliminent les distances et se fondent dans l’amour. Seul celui qui aime d’un amour vrai tend les mains pour accueillir ce que l’Aimé commande, même si c’est une volonté pesante et pénible pour la créature, une volonté cependant bien aimée de l’esprit qui voit et goûte comme une joie tout ce qui vient de celui qui est sa raison d’amour.
Or l’amour sauve, toujours. C’est pourquoi notre très saint Seigneur a prié pour que les siens aient l’Esprit Saint, c’est-à-dire l’Amour, après son départ: afin qu’il purifie de son feu ceux qui, sans malice obstinée, auraient pu tomber dans des manquements. Il voulait qu’ils se plongent par amour dans l’Amour pour en retirer l’absolution et la paix parfaite, une continuelle et salvifique instruction. C’est ce qui t’est donné, mon âme.
Bénissons le Seigneur.»
«Grâces soient rendues à Dieu.»
«Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.»